2 jours d arrêt maladie salaire

Femme au bureau avec laptop, plantes et café

Un salarié se retrouve en arrêt maladie pour 2 jours. La question est immédiate : sera-t-il payé ? La réponse mérite d’être posée clairement, car les règles d’indemnisation sont loin d’être intuitives. Entre le délai de carence de la Sécurité sociale, les conditions liées à l’ancienneté et le rôle de la convention collective, plusieurs mécanismes s’articulent — ou ne s’articulent pas — pour un arrêt aussi court. Les indemnités journalières, versées par la caisse primaire d’assurance maladie, ne couvrent pas les deux premiers jours. Et l’employeur, de son côté, applique ses propres règles. Comprendre précisément ce qui s’applique lors d’un arrêt de travail de courte durée permet d’éviter les mauvaises surprises.

Quelles conditions doit remplir un salarié pour être indemnisé pendant un arrêt maladie ?

Avant même de parler de montant, il faut vérifier que le salarié remplit les critères d’ouverture des droits. Pour un arrêt inférieur à 6 mois, deux conditions alternatives existent.

La première : avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois civils ou des 90 jours précédant l’arrêt. La seconde : avoir cotisé, au cours des 6 mois civils précédant l’arrêt, sur la base d’une rémunération au moins égale à 1 015 fois le Smic horaire, soit 12 200,30 € au 1er janvier 2026.

Pour les salariés en travail discontinu ou saisonnier, les seuils diffèrent. Il faut justifier de 600 heures travaillées sur les 12 derniers mois ou les 365 jours précédant l’arrêt, ou avoir cotisé sur une rémunération équivalant à 2 030 fois le Smic horaire sur la même période.

Bonne nouvelle : les périodes indemnisées par la Sécurité sociale pour maladie, maternité ou accident du travail comptent comme 6 heures de travail par jour indemnisé. Cela permet de compléter les droits si l’historique de travail présente des lacunes.

Côté formalités, le certificat médical doit impérativement être transmis à l’employeur et à la Sécurité sociale dans un délai de 48 heures. Si l’arrêt est établi sur support papier, seul un formulaire Cerfa sécurisé, comportant une étiquette holographique, est accepté. Les anciens formulaires, photocopies ou scans sont désormais rejetés — et avec eux, tout droit aux indemnités journalières.

Quel est le montant du salaire perçu par un salarié lors d’un arrêt maladie ?

Les indemnités journalières versées par la caisse primaire d’assurance maladie sont calculées à hauteur de 50 % du salaire journalier de base. Pour un salarié payé au mois, ce salaire de base s’obtient en additionnant les 3 derniers salaires bruts perçus avant l’arrêt, puis en divisant le résultat par 91,25.

Depuis le 1er avril 2025, le salaire pris en compte est plafonné à 1,4 fois le Smic en vigueur le dernier jour du mois précédant l’arrêt, soit 2 552,25 € par mois en 2026. Pour les arrêts ayant débuté avant cette date, l’ancien plafond à 1,8 fois le Smic reste applicable.

Le montant maximal de l’indemnité journalière est fixé à 41,95 € bruts par jour en 2026. Ces indemnités remplacent entièrement le versement du salaire par l’employeur et sont prises en charge par la caisse d’assurance maladie.

Pour un arrêt de 2 jours, la réalité est sans appel : aucune indemnité journalière ne sera versée par la Sécurité sociale. Le délai de carence de 3 jours s’applique et neutralise toute indemnisation sur une durée aussi courte, sauf si la convention collective prévoit des dispositions plus favorables.

Le délai de carence : combien de jours un salarié doit-il attendre avant d’être indemnisé ?

Le délai de carence de la Sécurité sociale

La Sécurité sociale applique un délai de carence de 3 jours avant le versement des premières indemnités journalières. Concrètement, un salarié en arrêt maladie pendant 2 jours ne percevra rien de la caisse primaire d’assurance maladie. Ce délai existe pour les maladies ordinaires : affections saisonnières, troubles musculo-squelettiques, surmenage.

Deux exceptions permettent de ne pas appliquer ce délai. D’abord, si deux arrêts de travail sont séparés par une reprise d’activité inférieure à 48 heures. Ensuite, lorsque les arrêts successifs résultent d’une affection de longue durée. Hors ces cas, la carence s’applique systématiquement.

Le délai de carence de l’employeur

L’employeur applique, lui, un délai de carence distinct de 7 jours avant de verser les indemnités complémentaires. Un arrêt de 2 jours ne franchit aucun de ces deux seuils. Ni la Sécurité sociale ni l’employeur ne versent donc quoi que ce soit, sauf disposition conventionnelle contraire.

Sur la retraite, les jours de carence n’ont aucun impact pour les arrêts courts. Pour les arrêts longs, 1 trimestre est validé par période de 60 jours d’indemnisation, dans la limite de 4 trimestres par an.

Comment le versement des indemnités journalières est-il organisé lors d’un arrêt maladie ?

Les indemnités journalières couvrent chaque jour calendaire d’interruption de travail, samedi, dimanche et jours fériés compris. La caisse primaire d’assurance maladie verse ces indemnités tous les 14 jours, accompagnées d’un relevé détaillé.

Dans le cas général, la durée maximale de versement est de 12 mois d’indemnités journalières par période de 3 ans consécutifs. Pour une affection de longue durée, cette durée monte à 3 ans, et un nouveau droit s’ouvre si le salarié a retravaillé au moins un an.

Pendant toute la durée de l’arrêt maladie, le salarié doit respecter des obligations précises.

  • Suivre scrupuleusement les prescriptions du médecin traitant.
  • Rester disponible pour un contrôle de l’assurance maladie.
  • Respecter les horaires de sortie autorisés, généralement fixés entre 9h et 11h, puis entre 14h et 16h, week-ends et jours fériés inclus.
  • Ne pas exercer d’activité professionnelle, sauf autorisation médicale explicite.
  • Ne pas quitter son département sans accord préalable de l’assurance maladie.

Le manquement à ces obligations peut entraîner la suspension des indemnités journalières. Si le salarié reprend son activité de façon anticipée, l’employeur en informe immédiatement la caisse, ce qui stoppe l’indemnisation.

L’employeur peut-il verser des indemnités complémentaires au salarié en arrêt maladie ?

Oui, mais sous conditions strictes. L’obligation légale de verser des indemnités complémentaires aux indemnités journalières de la Sécurité sociale s’impose à l’employeur si le salarié remplit plusieurs critères cumulatifs.

  • Justifier d’au moins 1 an d’ancienneté dans l’entreprise.
  • Avoir transmis le certificat médical à l’employeur dans les 48 heures.
  • Être affilié à un régime de Sécurité sociale ouvrant droit aux indemnités journalières.
  • Être soigné en France ou dans l’Espace économique européen.
  • Ne pas être travailleur à domicile, saisonnier, intermittent ou temporaire.

Pour un arrêt de 2 jours, le délai de carence de 7 jours de l’employeur exclut de toute façon tout versement. La durée de l’arrêt est simplement trop courte.

Voici la durée de versement des indemnités complémentaires selon l’ancienneté :

Ancienneté Durée totale À 90 % À 66,66 %
1 à 5 ans 60 jours 30 jours 30 jours
6 à 10 ans 80 jours 40 jours 40 jours
11 à 15 ans 100 jours 50 jours 50 jours
16 à 20 ans 120 jours 60 jours 60 jours
21 à 25 ans 140 jours 70 jours 70 jours
26 à 30 ans 160 jours 80 jours 80 jours
31 ans et plus 180 jours 90 jours 90 jours

En contrepartie de cette obligation, l’employeur peut diligenter une contre-visite médicale auprès du salarié absent pour vérifier le bien-fondé de l’arrêt.

Quels revenus un salarié peut-il cumuler avec ses indemnités journalières pendant un arrêt maladie ?

Le cumul des indemnités journalières avec d’autres revenus obéit à des règles précises. Certains revenus sont compatibles, d’autres non.

  • La pension d’invalidité, si le taux d’invalidité reste compatible avec une reprise d’activité.
  • La pension de vieillesse, pour un salarié retraité poursuivant par ailleurs une activité salariée.
  • La part complémentaire versée par l’employeur au titre de l’indemnisation.

En revanche, les revenus suivants ne peuvent pas se cumuler avec les indemnités journalières maladie :

  • Les allocations chômage.
  • Les indemnités journalières de maternité.
  • Les indemnités journalières liées à un accident du travail ou une maladie professionnelle.

Le contrat de travail est suspendu pendant toute la durée de l’arrêt. Le Code du travail protège le salarié contre tout licenciement motivé par son seul état de santé. Exercer une activité pendant un arrêt maladie n’entraîne pas automatiquement un licenciement : la jurisprudence exige que cette activité porte un préjudice certain à l’employeur.

À l’issue d’un arrêt ayant duré plus d’un mois, une visite médicale de reprise auprès du médecin du travail est obligatoire dans les 8 jours. Ce professionnel délivre alors soit un avis favorable à la reprise, soit un avis d’inaptitude, soit une préconisation de mi-temps thérapeutique. Depuis le 22 avril 2024, les congés payés continuent de s’accumuler pendant toute la durée d’un arrêt maladie, conformément à la loi. Pour les salariés accompagnés par des professionnels de l’aide à domicile — dont vous pouvez découvrir les avantages et inconvénients du TISF — cette règle sur les congés revêt une importance particulière dans l’organisation du retour à l’activité.

Voici un récapitulatif des principaux seuils à retenir selon la durée de l’arrêt :

Durée de l’arrêt Délai de carence SS Délai de carence employeur Indemnités versées
2 jours 3 jours 7 jours Aucune (sauf convention collective)
4 à 7 jours 3 jours 7 jours SS uniquement (si conditions remplies)
Plus de 7 jours 3 jours 7 jours SS + employeur (si ancienneté ≥ 1 an)

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