
Former des collaborateurs aux premiers secours ne se résume pas à acheter un mannequin ! Il faut viser une pratique répétée, réaliste et simple à déployer au quotidien. Or, le Code du travail (article L4121-1) impose à l’employeur de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs, ce qui inclut des actions de prévention, d’information et de formation, ainsi que la mise en place d’une organisation et de moyens adaptés. Cela dit, le type de formation choisi conditionne directement le matériel à acquérir. Une formation SST, par exemple, suppose un formateur SST certifié et une action menée sous couvert d’une entité habilitée par l’INRS, organisme de formation ou entreprise.
Le mannequin de secourisme : le socle de toute formation aux premiers secours
Pour maitriser la RCP, le choix du mannequin constitue votre première décision structurante. Sans répétition sur un support réaliste, comment obtenir des compressions au bon rythme et à la bonne profondeur ? Dans une démarche cohérente, commencez par définir le public à former, le format des sessions et le niveau de retour pédagogique attendu.

Autre réflexe à intégrer tôt : choisissez vos consommables et votre protocole d’hygiène avant de commander. Certains systèmes reposent sur des voies respiratoires jetables et des valves unidirectionnelles, remplacées entre chaque session, ce qui sécurise la pratique entre participants. Dans cette logique, vous pouvez acheter un mannequin de secourisme en tenant compte non seulement du prix d’achat, mais aussi du cout récurrent des consommables (voies aériennes, peaux de visage, lingettes désinfectantes). Pour se former aux premiers secours de façon crédible, ce budget global (matériel et consommables) mérite d’être anticipé dès le départ.
Le défibrillateur de formation et les supports complémentaires : compléter le dispositif pédagogique
Un défibrillateur de formation (DAE « trainer ») permet d’automatiser les bons réflexes. Il s’agira par exemple de poser les électrodes, suivre les messages vocaux, sécuriser la zone, reprendre immédiatement les compressions. Faut-il se contenter de n’importe quel modèle ? Pas nécessairement : un appareil proche de celui installé dans vos locaux réduit la charge cognitive le jour où la situation devient réelle, surtout si plusieurs sites sont équipés de DAE différents.

Du reste, la pédagogie gagne en efficacité quand elle colle au terrain — en intégrant, par exemple, un scénario d’arrêt cardiaque, un minuteur, des consignes d’alerte et la localisation du DAE. Selon plusieurs sources médicales convergentes, chaque minute sans RCP ni défibrillation réduit les chances de survie d’environ 10 %. Complétez le matériel technique par des supports de mémorisation : affichage des numéros d’urgence, mémo des conduites à tenir et rappels périodiques, pour ancrer les acquis au-delà de la session.
Adapter son équipement aux risques spécifiques de l’entreprise
Le bon matériel est celui qui épouse vos risques réels. C’est ici que le DUERP (Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels) devient un véritable outil de décision, puisqu’il oblige l’employeur à recenser, évaluer et mettre à jour les risques professionnels propres à chaque unité de travail. Dans un atelier exposé aux coupures et saignements, vous aurez intérêt à prévoir du matériel de simulation d’hémorragie et des consommables adaptés (compression directe, pansement compressif, voire mise en place d’un garrot sous encadrement strict si votre référentiel interne le prévoit).

Le sujet « combien de personnes former ? » ne se traite pas de manière approximative : le Code du travail (article R4224-15) exige au minimum un salarié formé dans chaque atelier où sont accomplis des travaux dangereux, ainsi que sur certains chantiers du BTP. Au-delà de ces cas, l’INRS rappelle qu’il n’existe pas de ratio règlementaire et que le nombre de secouristes se détermine au cas par cas, en fonction de l’effectif, des risques, des horaires et des délais d’accès des secours. C’est ce diagnostic qui doit guider votre budget : nombre de mannequins par session, quantité de consommables, fréquence des mises en situation et capacité à maintenir le matériel en état.
