L’or peut être intéressant dans une stratégie patrimoniale diversifiée, mais il ne produit aucun rendement, son cours est très volatil, et il est mal protégé contre l’inflation sur le court terme. Réservez une part raisonnable (5 à 10%) de votre épargne si vous avez déjà un portefeuille solide. Pour limiter les frais, privilégiez les pièces standards à faible prime ou un ETC bien choisi en compte-titres.
Quel est le vrai intérêt d’investir dans l’or ?
L’or ne produit aucun revenu, ne distribue pas de dividendes, et ne génère pas de loyers.
Pourtant, certains épargnants en détiennent depuis des années.
Pourquoi ? Parce qu’il offre une forme de sécurité. Contrairement aux actions ou aux obligations, le prix de l’or évolue indépendamment des autres classes d’actifs.
Cette décorrélation en fait un bon outil de diversification.
Depuis 2005, son cours est passé de 320 à plus de 3100 euros l’once, soit presque x10.
Ce type de performance attire, surtout en période d’incertitude économique ou de tensions géopolitiques. L’or peut rassurer dans les moments d’instabilité, mais cela ne veut pas dire qu’il grimpe toujours…

L’or protège-t-il réellement contre l’inflation ?
Pas toujours !
Il a traversé des périodes où son prix baissait alors que les prix à la consommation augmentaient. Entre 1983 et 1986, par exemple, l’inflation approchait les 10% par an, et l’or reculait. Même constat entre 1994 et 1998 avec une baisse de -30% malgré une inflation modérée.
Depuis 2005, l’or en euros a mieux résisté, sauf en 2013 (-30%), 2015 et 2017. La corrélation entre l’or et l’inflation reste donc très faible.
Si vous cherchez à préserver votre pouvoir d’achat, tournez-vous plutôt vers des actions solides ou ETF sur PEA ou assurance-vie.
Est-ce un bon moment pour acheter de l’or ?
L’or est à des niveaux records : L’once dépasse les 3100 euros, et, acheter au plus haut, c’est toujours risqué.
Personne ne peut garantir une hausse continue. Ceux qui ont investi en 1982 ont attendu plus de 20 ans avant de revoir leur mise.
Si vous êtes convaincu par la stratégie long terme, vous pouvez investir progressivement, par exemple 100 euros tous les mois, pour lisser les prix. Cette méthode s’appelle le DCA (investissement programmé).
Comment acheter de l’or sans se faire avoir ?
Il existe deux grandes options :
- L’or physique (pièces ou lingots)
- L’or papier via des ETF ou ETC cotés en bourse
Or physique
Les pièces les plus utilisées sont :
- Les Napoléons de 20 francs (valeur actuelle : 580 euros)
- Les Souverains anglais (valeur : 730 euros)
- Les Krugerrand d’Afrique du Sud (une once d’or : 3100 euros)
Ces pièces sont faciles à revendre.
Privilégiez celles avec une faible prime (écart entre le prix de l’or et le prix de vente). Vérifiez toujours le poids de la pièce (balance de précision à 10 euros) et comparez les prix dans plusieurs boutiques.
Or papier
Les ETC comme Amundi Physical Gold (FR0013416716) suivent le cours de l’or de façon très fidèle.
Un compte-titres suffit pour y accéder. Les frais sont faibles (environ 0,15% par an) et l’achat/vente se fait en deux clics.
C’est souvent une meilleure solution si vous ne souhaitez pas vous occuper du stockage.

Où acheter son or physique ?
Voici les options les plus utilisées :
- Banques françaises : sur rendez-vous, avec une commission de 2 à 3%
- Boutiques d’or en ligne ou physiques dans les grandes villes : attention aux frais cachés
- Pays frontaliers (Belgique, Allemagne, Suisse) : prix plus compétitifs et affichés
- Entre particuliers sérieux : sur Le Bon Coin, à condition d’avoir une balance pour vérifier
Évitez les bijoutiers, les numismates, les vendeurs dans les hôtels ou galeries marchandes. Ces acteurs surfacturent ou rachètent en dessous du prix du marché.
Comment stocker son or en toute sécurité ?
L’or prend très peu de place, quelques pièces peuvent être dissimulées chez vous.
À partir d’un certain montant (plus de 5000 euros), vous pouvez louer un coffre bancaire. Comptez environ 100 euros par an.
Les solutions de stockage délégué (BullionVault, AuCoffre) semblent pratiques mais introduisent un intermédiaire.
Leur rentabilité est souvent grignotée par les frais, et la revente se fait sur leur propre plateforme à des conditions parfois défavorables.
Quelle fiscalité s’applique à l’or ?
À l’achat
Il n’y a aucune taxe.
À la revente
Deux régimes sont possibles :
- Taxe forfaitaire de 11,5% sur le montant total de la vente
- Taxation sur la plus-value si vous pouvez prouver la détention continue de votre or (22 ans pour une exonération complète). Ce régime est rarement appliqué faute de justificatifs valables
Pour l’or papier :
- Sur un compte-titres : flat tax à 30% sur la plus-value
- En assurance-vie : 17,2% à 30% selon l’ancienneté du contrat
- Pas de fiscalité si vous vendez avec une moins-value
Quelle part d’or détenir dans son patrimoine ?
L’or ne doit pas représenter la majorité de votre épargne.
De nombreux experts suggèrent une fourchette de 5% à 10%.
Cette proportion suffit à diversifier un portefeuille tout en limitant les risques liés à sa volatilité.
Attendez d’avoir déjà mis en place les piliers de votre patrimoine (épargne de précaution, placements boursiers, immobilier, assurance-vie) avant d’envisager l’or. C’est un complément, pas une base.
FAQ
Est-ce que l’or est un placement rentable sur le long terme ?
Sur les 20 dernières années, l’or a montré une belle progression. Mais il a connu aussi de longues périodes sans performance. Il ne faut pas investir dans l’or avec une attente de rendement garanti.
Est-il mieux d’acheter des lingots ou des pièces ?
Les pièces standards sont plus simples à acheter et à revendre. Elles sont aussi plus faciles à fractionner si vous avez besoin de liquidités.
Puis-je stocker mon or à la maison ?
Oui, si vous ne détenez que quelques pièces. Au-delà, préférez un coffre bancaire pour plus de sécurité.
Faut-il privilégier l’or physique ou un ETF ?
L’or physique rassure, mais coûte plus cher à l’achat et à la revente. Un ETF permet une exposition simple et rapide au cours de l’or avec moins de frais. À vous de choisir selon votre sensibilité.

