Les lois françaises prévoient des dispositifs pour encourager l’emploi des personnes en situation de handicap, notamment via des exonérations de cotisations sociales (URSSAF) et des aides financières.
Ces mesures bénéficient à la fois aux employeurs qui embauchent des travailleurs handicapés (en CDI, CDD, contrats aidés, alternance, etc.) et aux travailleurs handicapés indépendants qui créent ou gèrent leur entreprise.
Cet article structuré présente les principaux dispositifs en vigueur (mis à jour 2024-2025), leurs montants, conditions et démarches, ainsi que les cas particuliers (structures spécialisées comme les ESAT, aides régionales ou locales).
Un travailleur handicapé indépendant peut bénéficier d’exonérations URSSAF via des dispositifs comme l’ACRE, qui allège temporairement ses cotisations sociales en début d’activité.
Pour les employeurs, l’embauche d’un salarié handicapé ouvre droit à des allègements de charges et aides (ex : Agefiph, apprentissage), à condition de respecter certaines démarches et critères (RQTH, durée de contrat, etc.).
Exonérations pour les employeurs de travailleurs handicapés
Les employeurs qui recrutent des salariés reconnus travailleurs handicapés (titulaire d’une RQTH) peuvent bénéficier de divers allégements de charges et subventions.
Ces avantages varient selon le type de contrat (embauche en CDI/CDD classique, contrat aidé, apprentissage ou professionnalisation en alternance, etc.), et sont souvent soumis à des plafonds ou conditions spécifiques.
Dans tous les cas, l’employeur doit être à jour de ses cotisations sociales et s’engage à déclarer ces recrutements dans la Déclaration Obligatoire d’Emploi des Travailleurs Handicapés (DOETH).
Types de contrats concernés et dispositifs disponibles
Embauche en CDI ou CDD longue durée (≥ 6 mois)
Tout recrutement durable d’un salarié handicapé ouvre droit à des aides financières de l’AGEFIPH (Association pour la gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées). En particulier, une aide à l’accueil, à l’intégration et à l’évolution professionnelle peut être accordée pour l’embauche d’une personne handicapée en CDI ou en CDD d’au moins 6 mois.
Cette aide vise à financer des dépenses liées à l’accueil du salarié, sa formation ou l’adaptation du poste. Son montant maximum est de 3 150 € et elle peut être renouvelée si le salarié évolue ou change de poste.
Par ailleurs, dès lors que l’entreprise embauche un travailleur handicapé, elle satisfait partiellement son obligation légale d’emploi de 6 % de travailleurs handicapés (pour les entreprises ≥ 20 salariés) et évite la contribution financière supplémentaire due en cas de non-respect de ce quota (contribution annuelle gérée par l’Agefiph via l’URSSAF).
Contrats en alternance (apprentissage ou professionnalisation)
Recruter un apprenti ou un salarié en contrat de professionnalisation handicapé permet de cumuler les aides liées à l’alternance avec des aides spécifiques handicap.
D’une part, les contrats d’apprentissage et de professionnalisation bénéficient déjà de dispositifs généraux de réduction de coûts : les apprentis ouvrent droit à une aide à l’embauche de l’État (dont le montant a été récemment ajusté), et les employeurs d’alternants profitent d’une exonération partielle de cotisations.
En 2025, l’aide de l’État pour un apprenti handicapé atteint 6 000 € pour la 1ère année de contrat (peu importe la taille de l’entreprise), contre 5 000 € ou 2 000 € pour les apprentis non handicapés selon la taille de l’entreprise.
D’autre part, une aide financière additionnelle de l’Agefiph est prévue pour encourager l’embauche en alternance : son montant maximal est de 3 000 € par contrat d’apprentissage ou de professionnalisation d’au moins 6 mois (à temps minimum 24 h/semaine).
Cette aide Agefiph de 3 000 € a été plafonnée en 2024 (auparavant jusqu’à 4 000 €) et peut être prolongée ou renouvelée selon la durée du contrat. L’employeur doit en faire la demande auprès de l’Agefiph pour en bénéficier. Enfin, sur le plan des cotisations URSSAF, les apprentis ont un régime spécial : depuis le 1er mars 2025, la part de rémunération des apprentis exonérée de cotisations sociales a été abaissée à 50 % du SMIC (contre 79 % auparavant).
Concrètement, l’employeur ne paye quasiment aucune cotisation patronale jusqu’à ~900 € brut de salaire mensuel de l’apprenti, seules les rémunérations au-delà de ce seuil étant soumises aux cotisations habituelles.
Contrats aidés et mesures d’insertion
Les personnes handicapées peuvent également être embauchées dans le cadre de dispositifs spécifiques tels que le Contrat Unique d’Insertion – Contrat Initiative Emploi (CUI-CIE) ou le Parcours Emploi Compétences (PEC) dans le secteur non-marchand. Ces contrats aidés visent à faciliter l’accès à l’emploi des publics en difficulté et offrent à l’employeur une prise en charge partielle du salaire par l’État (subvention calculée en % du SMIC) ainsi que, dans certains cas, des exonérations de cotisations patronales.
Par exemple, dans le secteur associatif (PEC), l’employeur est généralement exonéré des cotisations patronales de Sécurité sociale (maladie, vieillesse, allocations familiales) sur le salaire subventionné, ce qui allège fortement le coût. La particularité pour les travailleurs handicapés est la possibilité de prolonger la durée de ces contrats aidés jusqu’à 60 mois au total (au lieu de 24 mois maximum habituellement), compte tenu des difficultés d’insertion durable que peut rencontrer ce public.
Ainsi, un employeur peut conserver un salarié handicapé en CUI-CAE/CIE sur une plus longue période en continuant de bénéficier des aides et exonérations associées. Les démarches pour ces contrats passent par les services de France Travail (ex-Pôle emploi) ou Cap Emploi, avec un conventionnement spécifique et le respect des conditions fixées par les autorités (Préfet de région, etc.).
Montants et plafonds d’exonération ou d’aide
Les avantages financiers pour l’employeur peuvent prendre la forme d’une réduction de cotisations (allègement URSSAF) ou d’une subvention forfaitaire. Voici les principaux montants et plafonds en vigueur :
Aide Agefiph – Intégration professionnelle
(CDI, CDD ≥6 mois) : jusqu’à 3 150 € par salarié recruté.
Condition : dépenses d’accueil/accompagnement justifiées et contrat d’au moins 6 mois. Plafond : montant fixe maximum, renouvelable si évolution du salarié.
Aide Agefiph – Alternance (apprentissage/pro)
jusqu’à 3 000 € par contrat (montant en vigueur du 1/08/2024 au 31/12/2024).
Condition : contrat ≥ 6 mois et ≥ 24 h/semaine. Plafond : 3 000 € par contrat, possibilité de prolongation si le contrat se poursuit au-delà d’un an.
Aide de l’État – Embauche d’apprenti handicapé
6 000 € pour la 1ère année du contrat, pour tout contrat conclu à partir du 24 février 2025.
Plafond : versée une fois (1ère année uniquement). Ce montant est cumulable avec l’aide Agefiph alternance de 3 000 € et la réduction de cotisations apprentis.
Exonération de cotisations patronales – Apprentis
exonération des cotisations sociales (employeur et salarié) sur la part de rémunération ≤ 50 % du SMIC
(en 2024, c’était 79 % du SMIC). Plafond : au-delà de 50 % du SMIC, les cotisations sont dues normalement. L’exonération couvre les cotisations URSSAF de sécurité sociale (maladie, vieillesse, allocations familiales) sur la portion de salaire exonérée. (Les cotisations accidents du travail et chômage restent dues dès le premier euro, conformément au régime général des apprentis.)
Aide à l’emploi des travailleurs handicapés (AETH)
liée à la Reconnaissance de la Lourdeur du Handicap (RLH) : cette aide vise à compenser le coût d’une productivité réduite ou des aménagements importants et intervient après aménagement optimal du poste. Son montant annuel est indexé sur le SMIC horaire.
En 2025, elle s’élève à 550 fois le SMIC horaire brut par an (taux normal) ou 1 095 fois le SMIC horaire (taux majoré), ce qui correspond par exemple à 6 534 € par an (taux normal) ou 13 008 € (taux majoré) pour un temps plein. Plafond : ces montants sont proratisés en cas de temps partiel.
L’aide est versée trimestriellement et renouvelable tous les 3 ans
L’employeur ne peut cumuler l’AETH-RLH avec une autre aide de l’État pour le même salarié et la même finalité d’adaptation
Réduction générale de cotisations (“réduction Fillon”)
Bien qu’elle ne soit pas spécifique aux travailleurs handicapés, il faut rappeler que la réduction générale patronale s’applique à tous les bas salaires (jusqu’à 1,6 SMIC) y compris ceux des salariés handicapés.
Cette réduction peut aller jusqu’à une exonération quasi totale des cotisations patronales de Sécurité sociale au niveau du SMIC. Cependant, elle n’est pas cumulable avec certaines exonérations ciblées.
Par exemple, si un employeur bénéficie d’une exonération totale de cotisations via un contrat aidé ou en zone prioritaire, il ne peut pas en plus appliquer la réduction Fillon sur le même salaire. Il convient donc de choisir le dispositif le plus avantageux.
Conditions à remplir par l’employeur
Pour bénéficier de ces exonérations ou aides, plusieurs conditions doivent être réunies :
Reconnaissance du handicap
Le salarié recruté doit avoir un statut administratif de travailleur handicapé (décision de la CDAPH accordant la RQTH, ou bénéficiaire de l’AAH, pension d’invalidité, etc., reconnus dans l’obligation d’emploi). L’employeur doit pouvoir justifier de cette qualité (notification RQTH, justificatif AAH…) lors des demandes d’aide ou en cas de contrôle.
Durée du contrat et heures de travail
De nombreuses aides exigent un contrat d’une durée minimum (généralement 6 mois ou plus) et un temps de travail minimum (par ex. 24 h/semaine pour l’aide Agefiph alternance). Un CDI ou un CDD long est donc préférable pour cumuler les avantages. Les contrats très courts ou à temps très partiel ne permettent pas d’obtenir la plupart des exonérations spécifiques.
Demande préalable ou concomitante
Certaines exonérations sont automatiques (exonérations URSSAF sur le salaire d’un apprenti, réduction Fillon sur la paie), mais d’autres nécessitent une démarche de demande auprès de l’organisme compétent.
Par exemple, l’aide à l’intégration ou l’aide à l’adaptation de poste de l’Agefiph doivent faire l’objet d’un dossier de demande avant ou juste après l’embauche, souvent avec l’appui d’un conseiller (Cap Emploi, France Travail).
De même, l’AETH suite à la Reconnaissance de la Lourdeur du Handicap (RLH) nécessite un formulaire spécifique à transmettre à l’Agefiph, accompagné de justificatifs sur les surcoûts, et la décision d’attribution (taux normal ou majoré) sera prise après évaluation par l’Agefiph.
Cumul des aides
L’employeur peut cumuler plusieurs aides pour un même salarié handicapé, dans la mesure où elles ne se doublonnent pas. Par exemple, il est possible de cumuler l’aide Agefiph de 3 000 € pour un contrat d’apprentissage et l’aide de 6 000 € de l’État pour le recrutement de cet apprenti handicapé.
En revanche, certains cumuls sont exclus : l’aide AETH (RLH) ne peut être perçue si l’employeur bénéficie déjà d’une subvention équivalente de l’État pour compenser le handicap sur ce poste. Il est donc important de vérifier les règles de cumul propres à chaque dispositif.
Obligations de l’employeur
L’employeur doit, comme toujours, respecter le droit du travail (contrat écrit, rémunération au moins au SMIC handicap applicable, aménagements raisonnables du poste…). Il doit aussi déclarer annuellement le nombre de travailleurs handicapés dans son effectif via la DOETH intégrée à la DSN mensuelle.
En cas de non-respect du quota de 6%, la contribution financière due à l’Urssaf/Agefiph sera calculée après déduction des travailleurs handicapés réellement employés au cours de l’année.
Employer des travailleurs handicapés permet ainsi d’éviter cette contribution (d’autant que depuis 2020, toutes les entreprises, même 1 salarié, doivent faire une déclaration, et à partir de 20 salariés, la contribution s’applique si le taux n’est pas atteint).
Démarches administratives pour en bénéficier
Demande d’aides Agefiph
Les aides de l’Agefiph (intégration, alternance, adaptation de poste, AETH-RLH…) ne sont pas automatiques. L’employeur (ou parfois le salarié via Cap Emploi) doit constituer un dossier et l’adresser à l’Agefiph de sa région, soit en ligne soit par formulaire papier.
Il est recommandé de prendre contact avec un conseiller Cap Emploi (organisme spécialisé dans l’insertion des personnes handicapées) qui peut aider au montage du dossier.
Par exemple, pour l’AETH liée à la lourdeur du handicap, il faut remplir le formulaire de Reconnaissance de la Lourdeur du Handicap (RLH) et fournir des justificatifs des aménagements et surcoûts supportés.
L’Agefiph instruira la demande et notifiera la décision et le montant de l’aide accordée.
Aides de l’État (apprentissage, contrats aidés)
Pour bénéficier de l’aide à l’embauche d’un apprenti, l’employeur n’a généralement pas de formulaire à remplir – l’aide est gérée via l’Agence de Services et de Paiement sur la base du contrat d’apprentissage enregistré et des déclarations mensuelles (DSN).
Toutefois, pour les contrats signés début 2025, de nouvelles modalités s’appliquent (le décret du 22 février 2025 fixe les conditions pour l’aide apprentissage de 6 000 €).
Il convient de se renseigner auprès de son Opérateur de compétences (OPCO) ou de son comptable pour effectuer correctement la déclaration. Pour un contrat aidé (CUI-CIE ou PEC), l’employeur doit signer une convention avec l’organisme prescripteur (mission locale, Pôle emploi/France Travail) avant l’embauche, laquelle précisera le taux de prise en charge du salaire et les éventuelles exonérations.
Le versement de l’aide de l’État se fait ensuite sur justificatifs (feuilles de paie) auprès de l’ASP.
Déclarations URSSAF
Les exonérations de cotisations patronales (apprentis, contrats aidés associatifs, etc.) doivent être appliquées dans la Déclaration Sociale Nominative (DSN).
Concrètement, cela signifie paramétrer correctement la fiche de paie du salarié handicapé sous contrat spécifique. Par exemple, un apprenti handicapé aura un code type particulier en DSN pour l’exonération jusqu’à 50% SMIC.
De même, un salarié en PEC dans une association peut être codé de façon à exonérer les cotisations éligibles. L’Urssaf met à disposition des employeurs et experts-comptables le guide officiel (BOSS – Bulletin Officiel de la Sécurité sociale) détaillant les codes exonération à utiliser pour chaque dispositif.
En cas de doute, il est conseillé de contacter son Urssaf locale.
En synthèse, l’embauche d’un travailleur handicapé peut ouvrir droit à d’importantes exonérations de charges et aides financières pour l’employeur, à condition de respecter les procédures (demande d’aide Agefiph, déclarations DSN, etc.) et les critères d’éligibilité (contrat d’une durée suffisante, RQTH valide, etc.). Ces mesures contribuent à compenser les éventuels surcoûts d’adaptation et à encourager l’insertion professionnelle durable des personnes handicapées.
Exonérations pour les travailleurs indépendants handicapés
Les personnes handicapées qui se lancent en travail indépendant (création ou reprise d’entreprise, micro-entrepreneur, profession libérale, etc.) peuvent bénéficier de plusieurs dispositifs spécifiques d’aide et d’exonération de cotisations, surtout en phase de création de l’activité.
On distingue principalement les aides à la création d’entreprise (subventions, capital chômage) et les exonérations de cotisations sociales temporaires (dispositifs d’allégement URSSAF type ACRE). Par ailleurs, certains régimes particuliers s’appliquent si l’entrepreneur est déjà bénéficiaire d’une pension ou allocation handicap.
Aides à la création d’entreprise (subventions et capitalisation chômage)
Aide à la création ou reprise d’entreprise de l’Agefiph
L’Agefiph encourage l’entrepreneuriat des personnes handicapées via une aide financière forfaitaire. Depuis août 2024, le montant de cette aide est fixé à 3 000 € (forfait). Pour en bénéficier, la personne handicapée doit avoir monté un dossier de projet solide (étude de faisabilité, business plan) avec l’appui d’un conseiller spécialisé habilité par l’Agefiph ou par la Région.
Le projet de création doit nécessiter un investissement minimum de 7 500 € et un apport personnel d’au moins 1 200 € (en plus de l’aide Agefiph).
La demande d’aide doit être déposée avant l’immatriculation de l’entreprise (ou dans les 6 mois suivants sous conditions). Cette subvention, versée une seule fois, vise à financer le démarrage de l’activité (trésorerie de départ, équipement, etc.). Elle est cumulable avec les aides de France Travail/Pôle emploi et d’autres aides Agefiph.
Exemple : une personne reconnue handicapée qui crée son entreprise peut cumuler l’aide Agefiph de 3 000 € et l’ACRE (exonération de cotisations, voir ci-dessous), et éventuellement percevoir en parallèle l’allocation chômage restante sous forme de capital (ARCE).
ARCE – Aide à la Reprise ou Création d’Entreprise (France Travail/Pôle emploi)
Il s’agit d’un dispositif général (non spécifique au handicap, mais souvent utilisé par les créateurs handicapés au même titre que les autres). L’ARCE permet à un demandeur d’emploi qui crée son entreprise de recevoir en capital 60 % de ses droits restants à l’allocation chômage..
Concrètement, Pôle emploi verse ce capital en deux fois (50 % au début, 50 % six mois après si l’entreprise est toujours en activité).
Pour un travailleur handicapé créateur d’entreprise, l’ARCE peut constituer un complément de financement important en plus de l’aide Agefiph.
Attention : choisir l’ARCE consomme les droits au chômage (on n’est plus indemnisé mensuellement), et il faut auparavant avoir obtenu l’ACRE (l’ARCE n’est accordée que si l’ACRE est validée, car elle remplace le maintien des allocations). La demande se fait auprès de Pôle emploi une fois l’entreprise créée et l’ACRE obtenue.
Autres aides et accompagnements
Selon les Régions, il existe des dispositifs d’accompagnement gratuit (ex-NAE, incubateurs handicap) ou des prêts d’honneur spécifiques pour les entrepreneurs handicapés.
Par exemple, certaines plateformes Initiative France ou associations proposent des prêts à taux zéro supplémentaires pour les créateurs bénéficiaires de l’AAH ou de pensions. De plus, l’État et les Régions ont mis en place des parcours d’appui (ex-NACRE, maintenant des dispositifs régionaux) offrant mentorat, coaching et aide au montage de projet.
Il est recommandé de se rapprocher du conseiller Cap Emploi ou de la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) pour connaître les mesures locales d’aide à la création d’entreprise pour les personnes handicapées.
Cas particuliers et aides complémentaires
Certains dispositifs spécifiques méritent une mention à part, qu’il s’agisse de structures employant majoritairement des travailleurs handicapés ou d’initiatives locales renforçant le soutien à l’emploi des personnes handicapées.
Structures d’insertion spécialisées (ESAT, Entreprises Adaptées)
ESAT (Établissements et Services d’Aide par le Travail)
Les ESAT sont des structures médico-sociales qui accueillent des travailleurs handicapés ne pouvant pas travailler en milieu ordinaire ou en entreprise adaptée, même avec un encadrement. Les personnes handicapées en ESAT ont un statut distinct de celui de salarié : on parle d’“usagers” en parcours d’aide par le travail, rémunérés sous forme d’une indemnité garantie. Cette rémunération comprend une part versée par l’ESAT (entre 6 % et 20 % du SMIC minimum, généralement autour de 55 % du SMIC selon l’activité) et une aide au poste financée par l’État.
Du fait de ce statut particulier, l’ESAT bénéficie de plusieurs exonérations de charges : il n’y a pas de cotisations chômage à payer sur la rémunération versée (les travailleurs d’ESAT n’ouvrent pas de droits au chômage), et certaines contributions comme le FNAL (logement), la contribution solidarité autonomie ou le versement transport ne sont pas dues sur la part financée par l’État.
Les ESAT cotisent cependant pour l’assurance vieillesse de base de leurs travailleurs (qui valident des trimestres de retraite), et pour la protection sociale (Sécurité sociale maladies, accidents du travail…). Pour l’employeur ESAT, le coût salarial est en grande partie pris en charge par l’État via l’aide au poste. Ainsi, le modèle ESAT offre une insertion adaptée avec un coût URSSAF très allégé pour la structure, en contrepartie d’une obligation d’accompagnement médico-social et professionnel.
Entreprises Adaptées (EA)
Ce sont des entreprises du milieu ordinaire ayant une mission sociale, qui doivent employer au moins 55 % de salariés handicapés dans leur effectif de production. Les EA n’ont pas d’exonérations URSSAF généralisées comme les ESAT, car leurs salariés sont soumis au régime général du travail.
En revanche, les EA perçoivent une subvention “aide au poste” pour chaque travailleur handicapé employé (environ 15 000 € par an à temps plein, modulable) ainsi qu’une aide à l’accompagnement. Ces aides d’État servent en pratique à compenser les moindres rendements ou aménagements nécessaires, et réduisent de fait le poids des salaires et cotisations pour l’entreprise.
Par ailleurs, les entreprises qui sous-traitent à des EA peuvent imputer une partie de ces contrats sur leur obligation d’emploi (OETH), ce qui peut être vu comme une « exonération » indirecte de la contribution Agefiph pour les donneurs d’ordre. Enfin, notons que les EA peuvent, comme tout employeur, cumuler les aides Agefiph et exonérations sur les profils éligibles (par ex. prime à l’embauche en CDI, aide alternance, etc.), d’autant que nombre de salariés des EA sortent de chômage de longue durée ou d’ESAT.
Aides spécifiques régionales ou locales
Au-delà des dispositifs nationaux, il existe des initiatives régionales ou locales pour favoriser l’emploi des personnes handicapées, susceptibles de varier d’un territoire à l’autre en 2024-2025 :
Aides des Régions/Départements
Certaines Régions offrent des bonus financiers supplémentaires pour l’embauche ou la formation de travailleurs handicapés. Par exemple, une région peut proposer une prime à l’apprentissage plus élevée pour les apprentis handicapés domiciliés sur son territoire, en complément des aides nationales.
De même, un Conseil départemental peut décider de subventionner une partie du salaire si le recruté est bénéficiaire du RSA et en situation de handicap, ou d’abonder un contrat aidé au-delà du taux national.
Ces aides sont souvent votées dans le cadre des plans territoriaux d’insertion. Il est important de se renseigner auprès de la Direccte/Dreets locale, du Conseil régional ou de Cap Emploi pour connaître les aides régionales en vigueur.
Initiatives locales et expérimentations
Dans certains bassins d’emploi, des programmes pilotes existent, tels que des contrats tremplin financés par des collectivités, des aides au transport ou au logement pour les salariés handicapés (accordées par la métropole ou le département), ou encore des aides à l’aménagement des locaux pour les petites entreprises qui recrutent une personne handicapée (via des fonds européens FSE ou des appels à projet locaux).
Par exemple, une communauté de communes rurale classée en zone de revitalisation (ZRR) pourrait coupler l’exonération ZRR classique d’un an (tous salariés) avec une aide spécifique si le salarié embauché est handicapé, afin d’inciter les employeurs à dépasser le quota légal.
FIPHFP (secteur public)
Bien que cela sorte du champ “URSSAF” (réservé secteur privé), on peut mentionner que dans la fonction publique, le Fonds pour l’Insertion des Personnes Handicapées dans la Fonction Publique (FIPHFP) joue un rôle analogue à l’Agefiph.
Il finance des aménagements de poste, formations et aides techniques pour les agents publics handicapés.
Les employeurs publics cotisent au FIPHFP s’ils n’emploient pas 6% de travailleurs handicapés. Ainsi, les collectivités locales ou hôpitaux ont aussi intérêt à employer des agents handicapés pour être exonérés de cette contribution spécifique.
Si une entreprise privée travaille en lien avec le secteur public local, elle peut chercher à s’aligner sur certaines mesures incitatives (par exemple en participant à des forums emploi handicap régionaux soutenus par la Région ou le FIPHFP).


Bonjour, monsieur, madame, voilà je suis toujours dans le registre des indépendants , mais j ai été obligé d arrêter le 31 juillet 2025 ,pour santé (aah) qui ma été attribué qu en 2024 avec les retards de dossier, mais accueillent je suis prêt de la retraite ,je dois une certaine Somme a l l’urssaf comment puis je faire , je ne peut avoir ma cessation d activé si je ne paie les cotisations ,je travail un 15 h semaine ,en se ce qui conserne le mois prochain je n ai que mon petit salaire pour vivre et payer mes charges ayant un loyer de 700 € pouvez vous me donner les démarches à suivre cordialement madame chevallier