Que faire face à un proche addict aux jeux de hasards en ligne ?

Si votre proche est accro aux jeux de hasard en ligne, commencez par sécuriser vos finances et proposez-lui d’en parler calmement. Orientez-le vers un CSAPA ou une ligne d’écoute comme Joueurs Info Service. Accompagnez-le dans la durée sans faire à sa place. Protégez aussi votre équilibre émotionnel.

Repérer qu’il perd le contrôle

Un proche qui s’isole, cache ses dépenses ou demande régulièrement de l’argent sans raison claire peut déjà être tombé dans une spirale de jeu.

L’addiction aux jeux de hasard en ligne ne se voit pas toujours tout de suite, mais certains comportements reviennent fréquemment : tensions dès qu’il ne peut pas jouer, désintérêt pour d’autres activités, difficulté à parler d’argent, ou mensonges sur ses pertes. Vous pouvez aussi remarquer qu’il joue même quand il dit qu’il n’a plus un sou.

Lui parler de ses habitudes en posant des questions simples comme « Est-ce que tu joues pour te changer les idées ? » ou « Est-ce que tu penses parfois à arrêter ? » peut déclencher une réflexion sans l’attaquer. Il faut éviter les jugements et plutôt créer une occasion pour qu’il s’exprime.

Comment en parler sans le braquer ?

Vous pouvez aborder le sujet sans provoquer un blocage en choisissant bien vos mots. Parlez de votre ressenti à vous, de ce que vous avez observé, et non de ce qu’il fait “mal”. Dites par exemple : « J’ai remarqué que tu es préoccupé dernièrement, et je m’inquiète pour toi ».

Ce type de phrase ouvre un dialogue, surtout si vous choisissez un moment calme où vous ne serez pas dérangés.

Ne transformez pas la discussion en règlement de comptes. Même si vous êtes agacé ou inquiet, ce n’est pas le moment de pointer du doigt.

La peur d’être jugé ou rejeté peut le pousser à se refermer. Proposez simplement d’en discuter à tête reposée et de voir s’il existe des solutions.

Ce qu’il faut faire (et ne pas faire)

N’essayez pas de tout gérer à sa place !

Il doit vouloir s’en sortir pour que le changement soit durable. Vous pouvez l’encourager à chercher de l’aide, lui proposer de l’accompagner, mais pas lui imposer quoi que ce soit. Évitez aussi de lui prêter de l’argent s’il continue à jouer, cela alimente son comportement sans l’amener à changer.

Par contre, si votre proche accepte de jouer gratuitement pour le plaisir, proposez-lui des alternatives ludiques sans enjeu d’argent. Certains jeux en ligne offrent cette possibilité et peuvent l’aider à se reconnecter à l’univers du jeu sans risquer de retomber dans ses travers.

Où trouver de l’aide concrète ?

Le plus simple est de contacter Joueurs Info Service au 09 74 75 13 13 (appel non surtaxé). C’est anonyme, ouvert tous les jours, et vous pouvez même demander à être rappelé. Ils peuvent orienter vers un CSAPA (Centre de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie) où des professionnels prennent en charge les addictions, y compris celle aux jeux.

Il existe aussi l’association SOS Joueurs, qui accompagne les personnes en difficulté mais aussi leur entourage. Vous pouvez vous adresser à eux pour avoir des conseils, être écouté ou poser vos questions, même si votre proche ne veut pas encore se faire aider.

Protéger vos finances et votre équilibre

Si vous vivez avec cette personne ou que vos finances sont liées, agissez vite. Séparez vos comptes bancaires, annulez les procurations s’il y en a, et évitez toute confusion financière. Vérifiez vos relevés régulièrement.

N’attendez pas qu’il y ait une dette pour réagir.

Émotionnellement, cette situation peut vous épuiser. Parlez-en à quelqu’un de neutre, comme un psychologue, ou rejoignez un groupe de soutien. Vous avez besoin de garder de l’énergie pour tenir sur la durée, car aider quelqu’un qui nie son problème peut être très éprouvant.

Ce n’est pas une faiblesse de chercher du soutien pour vous-même.

Le rôle des soins spécialisés

Le traitement passe généralement par une prise en charge psychologique. La thérapie cognitivo-comportementale aide à repérer et modifier les pensées qui déclenchent l’envie de jouer. Certains centres proposent aussi des groupes de parole, où les personnes partagent leur vécu. Cela peut libérer beaucoup de pression et faire tomber la honte.

Dans certains cas, un traitement médical peut être envisagé. C’est le médecin qui en décide. Votre proche peut aussi apprendre à gérer ses envies en remplissant sa journée autrement : activité physique, lecture, jardinage… Vous pouvez l’encourager à se construire une routine qui l’éloigne des écrans, lui expliquer la différence des casinos physiques et en ligne permet aussi de déconstruire ses illusions : l’accessibilité permanente, l’absence de limites et l’anonymat du jeu en ligne aggravent les comportements à risque.

Le cas des mineurs ou jeunes adultes

Pour un adolescent, les choses sont différentes. Les parents doivent agir rapidement, sans attendre.

Les Consultations Jeunes Consommateurs sont faites pour ça. Elles sont gratuites, anonymes et ouvertes aux moins de 25 ans. La Maison des Adolescents peut aussi être un point de contact utile, avec des psychologues, éducateurs, ou médecins dans une même équipe.

Le plus efficace reste le dialogue : évitez de lui confisquer son téléphone sans explication ou de le punir sans lui parler. Il faut qu’il sente que vous êtes là pour l’aider, pas juste pour contrôler ce qu’il fait. La discussion, même si elle est difficile, reste la meilleure manière d’agir.

Quelles solutions légales existent ?

Votre proche peut demander une auto-exclusion temporaire des plateformes de jeux.

Cette démarche bloque l’accès à tous les sites agréés, pour une durée de 24 heures à un an. C’est rapide et efficace. Pour aller plus loin, il peut s’inscrire à l’interdiction volontaire de jeux auprès de l’Autorité Nationale des Jeux.

Dans des cas plus graves, notamment quand la situation financière est dangereuse, une curatelle peut être envisagée. Cela permet de protéger la personne tout en maintenant une certaine autonomie, avec un tiers qui gère les dépenses importantes.

Garder l’espoir, même quand c’est difficile

Changer demande du temps. Ne baissez pas les bras si les choses n’évoluent pas immédiatement. Restez présent, proposez des solutions concrètes, mais fixez aussi des limites pour ne pas vous épuiser. Chaque petit pas dans la bonne direction mérite d’être valorisé.

Même si la situation vous semble bloquée aujourd’hui, gardez en tête que l’addiction n’est pas une fatalité. Avec de la patience, des relais adaptés et une présence régulière, votre proche peut avancer vers une vie plus équilibrée…

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