Revendre un billet pour un match de foot peut paraître anodin. Et pourtant, juridiquement, c’est une autre histoire…
Revendre un billet de foot sans l’accord du club ou de l’organisateur vous expose à une amende de 15 000 euros, même pour une plateforme en ligne. Les reventes ponctuelles, entre particuliers et à prix coûtant, restent tolérées, mais tout ce qui ressemble à une activité régulière ou à but lucratif est puni. Pour éviter les fraudes ou une sanction, passez uniquement par les canaux officiels !
Ce que dit la loi sur la revente de billets
Depuis 2012, l’article 313-6-2 du Code pénal encadre strictement la revente de billets d’entrée à un événement sportif. Il interdit toute vente de billets sans autorisation explicite de l’organisateur. Cette règle ne vise pas uniquement les vendeurs professionnels : même un particulier peut être concerné si la vente est jugée répétée, ou si elle génère un profit.
L’amende prévue est de 15 000 euros, et peut atteindre 30 000 euros en cas de récidive. Ce montant ne prend pas en compte d’éventuelles sanctions complémentaires, comme la confiscation du billet ou l’exclusion d’un stade.
La billetterie fait partie des droits des clubs
Les clubs de foot ou les fédérations ne vendent pas juste un accès à un stade. Ils détiennent des droits d’exploitation bien plus larges, qui englobent la billetterie. L’article L333-1 du Code du sport leur garantit la pleine propriété de ces droits. Revendre un billet sans leur feu vert, c’est donc s’exposer à une plainte pour atteinte à la propriété.
Ce point a été confirmé dans plusieurs affaires récentes. La Ligue de Football Professionnel a par exemple obtenu gain de cause contre des plateformes qui facilitaient la revente illégale de billets.
Revendre ponctuellement à prix coûtant : une tolérance fragile
La loi fait la différence entre la revente professionnelle et la revente occasionnelle. Si vous avez acheté une place pour un match et que vous ne pouvez plus y assister, vous pouvez la revendre à quelqu’un, mais sous certaines conditions.
Il faut que le prix soit égal ou inférieur à celui indiqué sur le billet, et que la vente reste ponctuelle. Ce principe découle d’un vieux texte encore évoqué aujourd’hui : la loi du 27 juin 1919, initialement prévue pour les billets de théâtre, mais souvent utilisée pour les événements sportifs. Des sites comme Ticketmaster rappellent cette tolérance dans leurs conditions d’utilisation.
Mais attention : dans le cas du football, plusieurs clubs comme l’OM refusent toute revente, même à prix facial. Le billet peut être invalidé sans remboursement. La prudence reste donc de mise.
À la différence de la billetterie, parier sur le football pour des matchs relève d’un cadre légal totalement distinct, strictement réglementé par l’ANJ et sans lien juridique avec la revente de billets.

Les plateformes de revente en ligne risquent gros
Les sites comme Viagogo ou StubHub sont régulièrement visés par les organisateurs. Sans autorisation officielle, ces plateformes peuvent être poursuivies pour avoir facilité des reventes illégales.
Les clubs, les fédérations et la DGCCRF surveillent activement ces pratiques. Les sanctions peuvent viser le site lui-même, mais aussi les vendeurs qui y proposent des billets sans autorisation.
Certains sites orientés divertissement sportif, comme MelBet football, rappellent d’ailleurs dans leurs conditions que les billets doivent toujours être acquis par des canaux officiels, indépendamment de leurs autres services.
Certaines propositions de loi ont tenté de créer un statut pour les plateformes dites « de confiance », capables d’encadrer les reventes dans un cadre légal. Mais en décembre 2025, aucune de ces propositions n’a été adoptée.
Un cadre juridique strict mais contesté
Le principal reproche adressé au système actuel, c’est son manque de souplesse. En interdisant toute revente hors des circuits officiels, le risque est de pousser les acheteurs vers des plateformes opaques ou peu sécurisées.
Des voix s’élèvent pour créer un système plus ouvert, avec des plateformes accréditées qui pourraient garantir une sécurité juridique pour les acheteurs comme pour les vendeurs. Le Sénat a d’ailleurs travaillé sur ce sujet, sans débouché concret à ce jour.
D’autres pays testent des modèles différents, plus souples. En France, pour l’instant, la prudence est encore le seul conseil solide.
Les sanctions possibles si vous revendez un billet
Si vous revendez un billet pour un match de foot sans autorisation, vous vous exposez à :
- Une amende de 15 000 euros pour une première infraction
- 30 000 euros en cas de récidive
- L’annulation pure et simple du billet
- Des poursuites civiles pour atteinte aux droits d’exploitation
- Une exclusion de stade si le club décide de porter plainte
Dans certains cas, les sanctions sont même cumulées. Des revendeurs condamnés ont aussi vu leur matériel saisi, ou se sont vu interdire toute activité de revente.
Ce que vous pouvez faire sans risquer d’amende
Si vous avez un billet que vous ne pouvez pas utiliser, vous pouvez :
- Le céder à un proche gratuitement
- Le revendre à prix coûtant, une seule fois, et hors plateforme
- Le proposer via le service officiel de revente du club, si celui-ci existe
Certains clubs proposent en effet un système de revente sécurisé, intégré à leur billetterie. C’est par ce biais que vous pouvez transférer un billet en toute légalité. Vérifiez cette option sur le site du club ou via votre compte client.
Tableau récapitulatif : ce qui est autorisé, toléré ou interdit
| Type de revente | Est-ce légal ? | Risques concrets |
|---|---|---|
| Vente d’un billet sur Viagogo ou eBay | Non | Amende jusqu’à 15 000 €, invalidation |
| Cession gratuite à un ami | Oui | Aucun |
| Revente à prix coûtant à un particulier | Toléré si exceptionnelle | Faible risque si pas répétée |
| Revente avec bénéfice ou régulière | Non | Amende, poursuites, confiscation |
| Revente via plateforme du club | Oui | Aucun |
FAQ
Peut-on revendre un billet de foot si on ne peut plus assister au match ?
Oui, si c’est une fois, et à prix coûtant. Au-delà, ou si la vente est publique (en ligne), vous risquez une sanction.
Les plateformes comme Viagogo sont-elles légales ?
Non. Elles ne disposent pas d’autorisation pour revendre des billets de football. Acheter dessus comporte un risque réel d’arnaque ou d’amende.
Que se passe-t-il si je me fais contrôler avec un billet revendu ?
Le billet peut être invalidé. Vous pouvez être interdit d’accès au stade, et le vendeur peut être poursuivi.
Un club peut-il interdire toute revente, même entre particuliers ?
Oui. Certains clubs refusent catégoriquement toute revente. Dans ce cas, même une cession gratuite peut poser problème.

